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Saint-Malo Guide

Où voir les grandes marées à Saint-Malo : les meilleurs spots

Mis à jour le 31 juillet 2026

La mer haute contre la digue du Sillon à Saint-Malo
Pleine mer de grand coefficient : la plage du Sillon disparaît entièrement. Photo Jsamwrites (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons

Une grande marée à Saint-Malo se regarde deux fois : à pleine mer, quand la Manche vient remplir la baie jusqu’au ras des digues, et à basse mer, quand elle rend des kilomètres d’estran. Encore faut-il être au bon endroit. Cette page rassemble les meilleurs postes d’observation de la baie (chacun avec sa fiche et sa position sur la carte) et les consignes qui vont avec.

À pleine mer : le spectacle

Le poste classique, ce sont les remparts d’Intra-Muros : en hauteur, à l’abri, avec le Fort National et les îlots en ligne de mire. C’est de là que la pleine mer de grand coefficient se savoure le mieux, même par tempête. Sur le Sillon, on prend la mesure des vagues depuis le retrait de la promenade, côté ville ; les jours où la houle s’en mêle, la mer saute la digue et le front de mer devient le premier rang d’un théâtre, littéralement depuis la chambre pour ceux qui dorment face à la mer.

De l’autre côté de la rade, la cité d’Alet et la pointe du Moulinet à Dinard offrent le plan large : la cité corsaire cernée par les eaux, le môle des Noires battu par les vagues, le trafic du port suspendu à l’étale. Plus loin, les pointes de la côte (la Varde, le Décollé, le Grouin) voient le courant accélérer et la mer changer de visage en quelques minutes.

Trois circuits selon votre temps

Une heure. Montez sur les remparts côté mer, du bastion de la Hollande à la tour Bidouane, pour la pleine mer, puis redescendez par l’esplanade du château. Zéro logistique, le meilleur du spectacle.

Une demi-journée. Pleine mer depuis les remparts, puis la promenade du Sillon jusqu’à Rochebonne dans le jusant, quand la plage réapparaît sous les brise-lames. Ou la variante rive gauche : bus de mer vers Dinard, montée à la pointe du Moulinet, retour par la promenade du Clair de Lune, la rade entière dans le cadre.

Une journée. Combinez les deux fenêtres : pleine mer du matin en ville, basse mer sur l’estran ou vers les îlots à la mi-journée, puis route vers une pointe pour la pleine mer du soir ; la Varde pour rester proche, la pointe du Grouin ou le cap Fréhel pour la haute mer au large des falaises. Les fiches ci-dessous donnent l’orientation et l’exposition de chaque poste.

À basse mer : l’autre spectacle

Six heures plus tard, la même baie s’est vidée. L’estran découvre ses bancs de sable, ses rochers et ses passages vers les îlots, une autre façon, tout aussi spectaculaire, de mesurer le marnage. C’est un monde en soi, avec ses règles : nous lui consacrons une page entière, que faire à marée basse.

Choisir son moment

Le spectacle de pleine mer se joue dans une fenêtre courte (l’heure qui précède et qui suit l’étale) et les heures changent chaque jour. Le calendrier des grandes marées donne les dates et coefficients de l’année ; pour l’heure précise de la pleine mer, consultez les horaires officiels du SHOM avant de vous déplacer.

Un détail qui change tout : arrivez avant l’heure de la pleine mer, pas à l’heure pile. Le flot des vingt dernières minutes (quand la mer cherche ses derniers centimètres) est souvent le plus impressionnant, et les meilleurs emplacements des remparts partent vite les jours de grand coefficient.

Dernier mot, toujours le même : par gros temps, les meilleurs postes sont les postes abrités. La digue, le môle et les cales se transforment en pièges dès que les vagues passent le parapet. Le spectacle s’observe de loin et à l’abri. La liste ci-dessous distingue les points d’observation des points de vigilance : lisez les fiches avant d’y aller.

Écrit et tenu à jour par un Malouin passionné de sa côte. La petite histoire de ce guide

Gerbes d'eau au-dessus du muret du front de mer, Fort National en arrière-plan
Depuis les remparts, le face-à-face entre la mer et le Fort National. Photo Philippe Alès (CC BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons
Saint-Malo et le Grand Bé vus depuis la plage du Prieuré à Dinard
Depuis Dinard, la cité corsaire cernée par la pleine mer. Photo GO69 (CC BY 4.0), via Wikimedia Commons
La pointe du Moulinet à Dinard
La pointe du Moulinet : le grand angle sur la rade, côté Dinard. Photo Zairon (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons

25 lieux, classés par secteurVoir ces lieux sur la carte interactive

⚠ Les lieux marqués « marée basse uniquement » ne sont accessibles qu’à marée basse : vérifiez les horaires officiels du SHOM avant de traverser. Horaires officiels des marées (SHOM) ↗

Le Sillon

Digue du Sillon

Le Sillon

Trois kilomètres de front de mer face à la mer ouverte, du pied des remparts à Rochebonne. C'est là que les marées malouines se voient le mieux : par fort coefficient et houle de nord-ouest, les vagues franchissent la digue à pleine mer, le fameux « saut » que les foules viennent photographier. À basse mer, la plage se découvre largement au pied des brise-lames de bois plantés dans le sable pour casser la houle, ces alignements qui donnent au Sillon sa silhouette. Vérifiez les horaires officiels avant de venir ; à pleine mer de tempête, on observe de loin et à l'abri, depuis les hôtels ou les rues en retrait, jamais depuis la digue elle-même.

Hôtels vue mer à Saint-Malo : le front de mer du Sillon

Digue du Sillon par tempête : vigilance

Le Sillon

Les vagues qui franchissent la digue les jours de grande marée avec houle ne sont pas un jeu : le volume d'eau qui retombe peut renverser un adulte et l'entraîner côté mer, et des accidents mortels ont eu lieu ici. Le danger culmine autour de la pleine mer, quand chaque série de houle peut envoyer un paquet de mer par-dessus le muret sans prévenir. Les jours à risque, la commune interdit l'accès à la digue. Respectez les barrières, même entre deux vagues. Vérifiez les horaires officiels de marée avant de sortir : le spectacle se regarde des rues en retrait, des fenêtres et des terrasses, jamais du muret ni de la plage.

Poste de secours de la Grande Plage

Le Sillon

Le poste principal de surveillance de la Grande Plage du Sillon, armé en saison estivale. Les sauveteurs y affichent la couleur du drapeau, les horaires de marée du jour et les zones de baignade surveillée. Un coup d'œil s'impose avant de mettre les enfants à l'eau sur une plage où la mer avance de plusieurs centaines de mètres en quelques heures. Repérez le poste en arrivant et restez dans la zone surveillée, face à lui. Hors saison, la baignade est libre et non surveillée : redoublez de prudence, vérifiez les horaires officiels de marée et méfiez-vous de la vitesse du flot sur un estran aussi plat.

Surveillance en saison estivale (juillet–août).

Intra-Muros

Bastion de la Hollande (remparts)

Intra-Muros

À l'angle sud-ouest des remparts, ce bastion planté de canons domine le môle des Noires et l'échiquier des îlots : Grand Bé, Petit Bé, Cézembre au large. C'est l'un des meilleurs postes pour mesurer le marnage : à six heures d'intervalle, la mer bat le pied du rempart puis laisse place à des centaines de mètres de sable. Encadrez la pleine mer, quand la cité semble posée sur l'eau, ou venez à basse mer lire l'estran découvert. Le chemin de ronde complet fait 1,7 km et se parcourt librement, à toute heure ; le bastion en est le belvédère le plus marin, face au couchant. Par forte houle, les embruns balaient la pierre : restez en retrait du parapet.

Dormir Intra-Muros à Saint-Malo : le vrai du faux

Passage du Grand Bé (vigilance)

Intra-Muros

Le point noir des sauvetages malouins : la chaussée entre Bon-Secours et le Grand Bé se recouvre dès la mi-marée montante, et chaque grande marée piège des promeneurs restés trop longtemps sur l'îlot. La mer ne « coupe » pas le passage d'un coup : elle monte par les deux côtés à la fois, discrètement, et le retour devient vite infranchissable. Consultez les horaires officiels de la marée avant de traverser, gardez une large marge sur l'heure annoncée et repartez dès que l'eau touche la chaussée, même si d'autres s'attardent. N'essayez jamais de traverser à la nage.

⚠ marée basse uniquement

Tour Bidouane

Intra-Muros

L'échauguette en fer à cheval de l'angle nord-ouest des remparts, ancienne poudrière, domine exactement l'axe des îlots : Grand Bé, Petit Bé, Cézembre au large. C'est le poste photographique classique des couchers de soleil et des pleines mers d'équinoxe. La mer bat le rocher juste dessous et le fracas monte jusqu'au chemin de ronde. L'esplanade attenante porte la statue de Surcouf ; on y lit d'un regard tout ce que la marée découvre ou recouvre côté ouest. Les soirs de grande marée avec houle, les embruns franchissent le parapet : le spectacle s'observe alors en retrait, à l'abri, sans s'accouder au muret battu par les vagues.

Dormir Intra-Muros à Saint-Malo : le vrai du faux

Saint-Servan

Môle des Noires

Saint-Servan

La grande jetée d'un demi-kilomètre qui protège l'avant-port s'avance plein ouest, son feu à l'extrémité. Par tempête de grande marée, les paquets de mer la balaient entièrement : l'accès au môle est alors interdit par arrêté, et des promeneurs y ont déjà été emportés. Le spectacle, le plus violent de la baie, s'observe de loin et à l'abri, depuis la cale de Bon-Secours ou l'esplanade en retrait, jamais depuis l'ouvrage lui-même. Par temps calme, la promenade jusqu'au feu offre la plus belle vue rasante sur les remparts et l'entrée du port ; vérifiez les horaires officiels de marée et l'état de la mer avant de vous y engager.

Saint-Malo sud – gare

Écluse du Naye : zone portuaire

Saint-Malo sud – gare

L'écluse qui maintient les bassins à flot malgré le marnage rythme toute la navigation malouine : les passages ne s'ouvrent qu'autour de la pleine mer, quand le niveau du large rejoint celui des bassins. Zone portuaire en activité : ponts mobiles, sas, courants forts aux abords. Baignade et pêche y sont strictement interdites, et la circulation piétonne se ferme pendant les manœuvres ; restez derrière les barrières et gardez les enfants près de vous. La curiosité est en revanche bienvenue depuis les quais : voir le sas monter et descendre au rythme des passages est un spectacle de marée à lui seul, à son meilleur autour de la pleine mer.

Parc des Corbières

Saint-Malo sud – gare

Le balcon de Saint-Servan sur la Rance : un parc boisé accroché à la falaise, entre la cale de Solidor et Quelmer, avec des échappées plongeantes sur le barrage, le rocher Bizeux et les allers-retours des bateaux à l'écluse. Le sentier qui le traverse compte parmi les plus belles promenades urbaines de Saint-Malo, à l'abri du vent les jours de tempête, un poste d'observation confortable quand la côte ouverte devient impraticable. Le tableau change avec le niveau de l'eau : estuaire plein et lisse à pleine mer, puis, à basse mer, les grèves qui bordent le parc découvrent leurs vasières, un paysage à regarder depuis le sentier, sans s'y aventurer.

Paramé – Rochebonne

Digue de Rochebonne

Paramé – Rochebonne

La digue continue vers l'est après le Sillon, le long de Paramé et de Rochebonne, avec le même face-à-face avec la mer ouverte mais moitié moins de monde. Les jours de « mer qui saute », les gerbes y sont aussi hautes qu'au Sillon : on les observe de loin et à l'abri, depuis les terrasses en retrait, jamais depuis le muret battu par les vagues. À marée basse, la plage découvre plusieurs centaines de mètres. C'est le rendez-vous des pêcheurs à pied et des grandes marches d'hiver, quand la lumière rase le sable mouillé. Vérifiez les horaires officiels de marée avant de descendre sur l'estran : la mer revient vite sur un terrain aussi plat.

Hôtel bord de mer pas cher à Saint-Malo : les quartiers malins

Rothéneuf

Havre de Rothéneuf : vigilance

Rothéneuf

Le havre de Rothéneuf se vide et se remplit par un goulet étroit : au flot, le courant y prend la vitesse d'une rivière en crue et les bancs de sable du fond de l'anse s'isolent très vite. Les promeneurs partis vers l'île Besnard ou traversant le havre à marée basse doivent repartir dès l'étale. La remontée coupe d'abord les points bas, derrière vous, là où l'on ne regarde pas. Vérifiez l'heure de la basse mer avant de descendre sur le sable et gardez une large marge. Baignade déconseillée dans le goulet à mi-marée, même pour les bons nageurs : quel que soit le sens du courant, il est plus fort que vous.

⚠ marée basse uniquement

Pointe de la Varde

Rothéneuf

Ce promontoire de landes entre le Minihic et le Val ferme la baie à l'est, une trentaine de mètres au-dessus des flots. Ancien site militaire (il reste des blockhaus du Mur de l'Atlantique), c'est aujourd'hui un espace naturel protégé traversé par le sentier des douaniers (GR 34). Vue circulaire : la rade de Saint-Malo et le Sillon d'un côté, la côte vers Rothéneuf et Cancale de l'autre. Aux grandes marées, l'écume déferle sur les récifs au pied de la pointe : la hauteur en fait un poste sûr pour observer le gros temps de loin et à l'abri, derrière la lande. Restez toutefois sur les sentiers, à bonne distance du bord de falaise.

Dinard – Saint-Lunaire

Pointe de la Garde Guérin

Dinard – Saint-Lunaire

Le grand belvédère de Saint-Briac, à l'ouest de Dinard : un promontoire de landes tenu par le Conservatoire du littoral, d'où la vue embrasse toute la Côte d'Émeraude, du cap Fréhel aux remparts de Saint-Malo. Aux grandes marées, on y mesure d'un seul regard l'ampleur du marnage : les îles Agot et Dame Jouanne se rattachent au rivage à basse mer, puis redeviennent îles en quelques heures. Si vous vous y aventurez, vérifiez d'abord les horaires officiels et repartez bien avant le flot. Accès par le sentier des douaniers ou le golf de Dinard ; par gros temps, le sommet du promontoire reste le poste le plus sûr.

Pointe de la Malouine (Dinard)

Dinard – Saint-Lunaire

L'autre pointe de Dinard, à l'ouest de la plage de l'Écluse, lotie à la Belle Époque des plus grandes villas de la station : tourelles, loggias et noms anglais gravés aux portails. Le sentier qui la contourne au ras des rochers regarde plein nord vers Cézembre et les Ébihens : par grande marée avec houle, les déferlantes encadrent les villas et le contraste donne de belles images de la Côte d'Émeraude. Ces jours-là, le spectacle s'observe de loin et à l'abri, depuis les hauteurs, jamais depuis les passages au ras de l'eau ; vérifiez les horaires officiels de marée avant d'emprunter le sentier à marée montante.

Pointe de la Vicomté (Dinard)

Dinard – Saint-Lunaire

Au sud de Dinard, la pointe de la Vicomté ferme l'entrée de la Rance face à la cité d'Alet. Le sentier littoral y offre la meilleure vue d'ensemble sur l'estuaire : le barrage de l'usine marémotrice en amont, l'anse et les mouillages en contrebas, Saint-Malo et la tour Solidor de l'autre côté de l'eau. Aux heures de turbinage, on voit la Rance couler comme un fleuve, dans un sens puis dans l'autre, et les bateaux au mouillage pivoter avec le courant. Ici, le niveau dépend autant de l'usine que de la lune : le bon endroit pour comprendre cette marée domestiquée, confortablement, depuis un sentier à bonne hauteur d'eau.

Pointe du Décollé (Saint-Lunaire)

Dinard – Saint-Lunaire

À Saint-Lunaire, à dix minutes de Dinard, la pointe du Décollé s'avance en éperon de granit au-dessus de la mer. Un pont de pierre, le pont naturel du Décollé, la relie à la côte au-dessus d'un gouffre où la houle s'engouffre bruyamment aux grandes marées : le grondement s'apprécie du pont, sans se pencher, et de loin par gros temps. La vue embrasse toute la Côte d'Émeraude, du cap Fréhel à Saint-Malo. Accès libre ; la grotte des Sirènes se découvre à marée basse, en contrebas. Vérifiez les horaires officiels avant de descendre, la mer reprend vite le pied des rochers.

Pointe du Moulinet (Dinard)

Dinard – Saint-Lunaire

À l'entrée de Dinard, cette pointe hérissée de villas Belle Époque fait face aux remparts de Saint-Malo, de l'autre côté de l'estuaire de la Rance. C'est le meilleur endroit pour voir la cité corsaire « posée sur la mer » à pleine mer, puis cernée de sable à marée basse. Le marnage se lit d'un seul regard, en encadrant si possible les deux étales. La promenade contourne la pointe au ras de l'eau ; aux grandes marées montantes, certaines sections sont léchées par les vagues : vérifiez les horaires officiels avant d'y descendre et, les jours de houle, observez de loin et à l'abri, depuis les hauteurs de la pointe.

Cancale – pointe du Grouin

Île des Rimains

Cancale – pointe du Grouin

Posée devant Cancale, l'île des Rimains porte un fort de la fin du XVIIIe siècle, construit sur les plans de Vauban repris par ses successeurs pour verrouiller la baie face aux Anglais. L'île est privée et ne se visite pas, mais avec les parcs à huîtres, elle compose le premier plan de presque toutes les vues de Cancale. Le tableau change avec la marée : à basse mer, elle semble flotter sur les tables ostréicoles découvertes ; à pleine mer, elle redevient pleinement île. Le meilleur moment reste le lever du soleil sur la baie, depuis la cale de l'Épi ou le sentier vers Port-Mer. On l'admire depuis le rivage, sans s'aventurer sur l'estran vers l'île.

Pointe du Hock

Cancale – pointe du Grouin

Le balcon de Cancale : juste au-dessus du port de la Houle, la pointe du Hock domine le damier des parcs à huîtres et toute la baie du Mont-Saint-Michel, le Mont en ligne de mire par temps clair. C'est le meilleur poste pour suivre le va-et-vient de la marée sur l'estran ostréicole : la pleine mer noie les tables et rend le paysage au large, la basse mer le restitue à l'agriculture de la mer, aligné au cordeau. L'idéal est d'encadrer la mi-marée, quand le mouvement de l'eau se lit presque à vue d'œil. Le sentier des douaniers passe par la pointe, entre le monument aux morts et les venelles qui descendent au port de la Houle.

Vallée de la Rance

Abords du barrage de la Rance : vigilance

Vallée de la Rance

Aux abords du barrage, la Rance n'obéit plus seulement à la lune : les turbinages et les éclusées de l'usine marémotrice y créent des courants violents et font varier le niveau de l'estuaire à contretemps de la marée naturelle. Une grève paisible peut ainsi se couvrir en quelques minutes, sans vent ni houle pour l'annoncer. Baignade et navigation sont interdites dans la zone de sécurité du barrage, et sur toutes les grèves de la Rance une règle s'impose : l'eau peut monter plus tôt et plus vite que ne l'annonce l'horaire de marée. Ne laissez ni matériel ni enfants au ras de l'eau sur les cales, et gardez le niveau à l'œil en permanence.

Pointe de Cancaval

Vallée de la Rance

Sur la rive de Pleurtuit, face à Quelmer, la pointe de Cancaval avance en éperon boisé au-dessus du grand bassin de la Rance. Du sentier, la vue file du barrage à Saint-Suliac : un bon observatoire des niveaux changeants du fleuve, quand vasières et bancs se découvrent puis s'effacent au gré de l'usine marémotrice. Ici, l'eau ne suit pas l'horaire de la marée naturelle, et le paysage peut changer d'une heure à l'autre. En contrebas, la malouinière du Montmarin et ses jardins descendent jusqu'à l'eau. Accès à pied depuis Jouvente par le sentier côtier ; restez sur le sentier, les rives découvertes sont traîtresses.

Rocher Bizeux

Vallée de la Rance

Le petit îlot posé au milieu de la Rance, juste en amont du barrage de l'usine marémotrice, coiffé depuis 1897 d'une statue de la Vierge tournée vers le large. C'est le repère des niveaux de la Rance : selon les lâchers de l'usine, son socle se découvre ou disparaît presque entièrement. C'est un baromètre de pierre qu'on apprend vite à lire. On l'observe depuis le barrage, la cité d'Alet ou le parc des Corbières, chacun offrant un angle différent sur l'estuaire. Rappel utile : en amont du barrage, la « marée » est commandée par l'usine. Les horaires du SHOM ne s'y appliquent pas, et le niveau peut changer à toute heure.

Baie du Mont-Saint-Michel

Baie du Mont-Saint-Michel : vigilance sables et flot

Baie du Mont-Saint-Michel

Les grèves de la baie sont le terrain le plus dangereux de toute la côte : sables mouvants invisibles, chenaux qui se creusent d'une marée à l'autre, brume qui efface les repères en quelques minutes, et un flot qui revient au rythme d'un marcheur en encerclant les bancs par l'arrière. Le danger ne se voit pas : la grève semble immense et immobile au moment même où la mer la reprend. On ne s'aventure jamais seul au-delà du rivage immédiat : les traversées se font exclusivement avec un guide attesté, à l'horaire calé sur la marée du jour. Consultez les horaires officiels avant toute approche de l'estran, et renoncez sans hésiter si la brume se lève.

⚠ marée basse uniquement

Le Mont-Saint-Michel depuis Saint-Malo, au rythme de la baie

Grouin du Sud : observatoire du mascaret

Baie du Mont-Saint-Michel

Sur la rive de Vains, cette pointe basse avance dans la baie face à l'embouchure de la Sée et de la Sélune : c'est l'un des meilleurs postes pour voir passer le mascaret, cette vague qui remonte les fleuves en tête du flot les jours de grand coefficient. Les habitués arrivent une bonne heure avant la pleine mer annoncée à Granville. Vérifiez les horaires officiels du jour avant de vous déplacer. Depuis la pointe, on domine aussi le va-et-vient des traversées guidées, et l'on mesure la vitesse à laquelle la baie se remplit : restez sur la pointe elle-même, jamais sur les grèves à marée montante.

Le Mont-Saint-Michel depuis Saint-Malo, au rythme de la baie

Mont-Dol

Baie du Mont-Saint-Michel

Le frère terrien du Mont-Saint-Michel : un dôme de granit posé au milieu du marais de Dol, ancienne île que la mer a abandonnée en se retirant derrière la digue. Du sommet (moulin, chapelle et table d'orientation), le regard embrasse toute la baie, du Grouin au Mont, et lit d'un coup l'histoire du rivage : le marais fut estran. C'est aussi l'observatoire le plus serein des grandes marées, assez loin de l'eau pour tout voir sans rien risquer : la nappe brillante de la pleine mer, puis l'immense estran découvert. La légende y place le combat de saint Michel et du diable, dont la roche garderait les griffures.

Les prochaines grandes marées

  • 11–13 septembre 2026102équinoxe d’automneéquinoxe
  • 27–29 septembre 202699équinoxe d’automneéquinoxe
  • 10–12 octobre 202695automne

Voir le calendrier complet des grandes marées

Quel est le meilleur endroit pour voir les grandes marées à Saint-Malo ?

Pour les vagues à pleine mer : les remparts d'Intra-Muros, en hauteur et à l'abri, face au Fort National. Pour l'ampleur du phénomène : la pointe du Moulinet à Dinard ou la cité d'Alet, qui embrassent toute la rade. Pour l'ambiance : la promenade du Sillon, en retrait côté ville. Chaque poste est détaillé dans la liste ci-dessous, avec sa fiche.

Peut-on voir les grandes marées depuis Dinard ?

Oui, et la vue y est superbe : la pointe du Moulinet et la promenade du Clair de Lune font face aux remparts de Saint-Malo, avec les îlots et le large en toile de fond. C'est souvent moins exposé aux embruns que le front de mer malouin. Le spectacle de la cité corsaire cernée par la pleine mer vaut à lui seul la traversée.

Peut-on rejoindre les bons spots sans voiture ?

Les meilleurs sont justement les plus accessibles : remparts, Sillon, esplanade du château et cité d'Alet se rejoignent à pied depuis le centre, et le bus de mer traverse vers Dinard en une dizaine de minutes. La voiture ne devient utile que pour les pointes éloignées : la Varde à la rigueur, le Grouin et le cap Fréhel sûrement.

À quel moment exact faut-il être sur place ?

Autour de la pleine mer pour le spectacle des vagues (dans l'heure qui précède et qui suit), et autour de la basse mer pour l'estran découvert. Les heures varient chaque jour : consultez les horaires officiels du SHOM avant de vous déplacer. Les dates et coefficients des prochains épisodes sont affichés sur cette page.

Les spots sont-ils tous sûrs par tempête ?

Non : par gros temps, la digue du Sillon, le môle des Noires et les cales deviennent dangereux. Les vagues balaient le parapet et emportent ce qui s'y trouve. Les postes sûrs sont ceux en hauteur et en retrait : remparts, pointes, fenêtres du front de mer. Le spectacle s'observe toujours de loin et à l'abri.