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Saint-Malo Guide

Que faire à marée basse à Saint-Malo

Mis à jour le 31 juillet 2026

Le Fort National posé sur l'estran découvert à marée basse
À basse mer, le Fort National se rejoint à pied sec depuis la plage de l'Éventail. Photo Eusebius (CC BY 3.0), via Wikimedia Commons

La pleine mer fait le spectacle, mais c’est la basse mer qui fait le terrain de jeu. Deux fois par jour, la mer rend à Saint-Malo des kilomètres carrés d’estran : des passages s’ouvrent vers les îlots, les plages triplent de surface, les rochers se transforment en garde-manger. Cette page rassemble tout ce que la marée basse permet, et la liste des lieux qui ne se visitent qu’à ce moment-là.

Les îlots à pied sec

Le grand classique : depuis Bon-Secours, la chaussée découverte mène au Grand Bé et à la tombe de Chateaubriand, puis au Petit Bé et son fort ; depuis la plage de l’Éventail, on rejoint le Fort National. Des traversées de quelques centaines de mètres seulement, mais que la mer referme à chaque montante. Notre page dédiée aux îlots détaille la fenêtre de passage et les horaires à vérifier.

Aux plus grands coefficients, la basse mer pousse l’avantage plus loin : le tour complet du Grand Bé se fait à sec, la chaussée du Petit Bé émerge en entier, et l’anse entre les îlots devient une esplanade de sable que l’on traverse en ligne droite. Ces jours-là, la fenêtre est plus large, mais la remontée est aussi plus rapide : la règle du retour ne change pas.

L’estran, un pays provisoire

Aux grands coefficients, la mer se retire à plusieurs centaines de mètres : le Sillon devient un désert de sable ferme où l’on marche au pied des brise-lames, l’anse entre les Bés se change en plaine, et du côté de Rothéneuf le havre se vide presque entièrement. C’est le moment des châteaux de sable démesurés, des bains de mares tièdes, des balades vers des rochers qui n’ont pas vu un promeneur depuis la dernière vive-eau, et de la pêche à pied, qui a sa page entière.

C’est aussi le grand moment des photographes : brise-lames alignés jusqu’à l’horizon, reflets dans le sable mouillé, forts posés sur la grève comme des vaisseaux échoués. La lumière rasante du matin et du soir fait le reste, et l’estran humide garde les silhouettes en miroir.

Se baigner quand la mer est partie

Deux écoles. La piscine de Bon-Secours, remplie à chaque pleine mer, garde son eau quand tout le reste s’est retiré : c’est sa raison d’être depuis les années 1930, plongeoir compris. Ou bien la marche jusqu’à l’eau, longue aux grands coefficients mais récompensée par une mer assagie par les bancs de sable, souvent plus chaude d’avoir traversé l’estran chauffé au soleil. En saison, restez dans les zones de baignade surveillées, et au retour méfiez-vous des chenaux qui se remplissent en premier.

Avec des enfants

La marée basse est le meilleur terrain de jeu de la ville : mares tièdes à explorer, crabes sous les pierres (reposées dans leur sens, toujours), châteaux de sable à l’échelle du marnage, et la traversée du Fort National comme une expédition. Deux habitudes à leur transmettre dès la première sortie : on regarde où est la mer toutes les dix minutes, et on remonte dès que l’eau change de sens. Les distances trompent sur l’estran : un enfant absorbé par une mare ne voit pas la mer revenir derrière lui.

La règle d’or : partir à la descendante, rentrer à la renverse

Tout ce que la basse mer ouvre, la montante le referme. Dans la baie, la mer avance au rythme d’un marcheur, en montant par les côtés plutôt que de face. La règle malouine tient en une phrase : on part quand la mer descend, on rentre dès qu’elle remonte. Avant toute sortie, vérifiez l’heure de la basse mer sur les horaires officiels du SHOM, gardez de la marge sur la renverse, et ne traversez jamais vers un îlot à marée montante. Le calendrier des grandes marées vous dit quels jours l’estran donnera son maximum.

Écrit et tenu à jour par un Malouin passionné de sa côte. La petite histoire de ce guide

Les brise-lames en chêne de la plage du Sillon à marée basse
Les brise-lames du Sillon, plantés dans un estran rendu à perte de vue. Photo Georges Seguin (Okki) (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons
Le fort du Petit Bé dans la rade de Saint-Malo
Le Petit Bé : la traversée se prolonge au-delà du Grand Bé aux grandes basses mers. Photo Dennis G. Jarvis (CC BY-SA 2.0), via Wikimedia Commons
La piscine d'eau de mer de Bon-Secours
La piscine de Bon-Secours : la baignade qui ne dépend pas de la marée. Photo Philippe Alès (CC BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons

13 lieux, classés par secteurVoir ces lieux sur la carte interactive

⚠ Les lieux marqués « marée basse uniquement » ne sont accessibles qu’à marée basse : vérifiez les horaires officiels du SHOM avant de traverser. Horaires officiels des marées (SHOM) ↗

Intra-Muros

Fort National

Intra-Muros

Sur son rocher face à la plage de l'Éventail, ce fort dessiné par Vauban en 1689 et bâti par Garangeau en granit de Chausey gardait la rade avec le Petit Bé et la Conchée. On le rejoint à pied sec à marée basse ; le drapeau hissé signale que la visite guidée est ouverte, en saison. Du chemin de ronde, vue imprenable sur le Sillon et les remparts : selon l'heure de la marée, une mer omniprésente ou un immense désert de sable. Aux plus grands coefficients, la mer découvre largement le passage, puis le referme en moins d'une heure : consultez les horaires de marée avant de traverser et n'attendez pas les premières flaques pour revenir.

Visites à marée basse, de Pâques à fin septembre environ. Drapeau hissé quand le fort est ouvert.

⚠ marée basse uniquement

Le Fort National : le fort qui se visite à marée basse · Site officiel ↗

Grand Bé

Intra-Muros

L'îlot où Chateaubriand a voulu être enterré pour « ne parler qu'à la mer » : sa tombe, une dalle sans nom surmontée d'une croix, regarde le large depuis 1848. On y accède à pied sec depuis la plage de Bon-Secours par une chaussée que la mer découvre autour de la mi-marée : le bon moment pour monter y prendre la lumière du soir sur la baie. Le tour de l'îlot offre la plus belle vue rapprochée sur les remparts. Mais la mer isole le Grand Bé plusieurs heures à chaque marée : consultez les horaires officiels avant de traverser et revenez dès que le flot touche la chaussée. Le sauvetage de promeneurs surpris est un classique local.

⚠ marée basse uniquement

Dormir près du Grand Bé : accès à pied, horaires et marge de sécurité

Petit Bé

Intra-Muros

Derrière le Grand Bé, ce second îlot porte un fort dessiné par Vauban à la fin du XVIIe siècle, maillon de la ceinture de feu qui verrouillait la rade avec le Fort National et la Conchée. Une association le restaure et le fait visiter selon la marée et la saison, l'occasion rare de voir la rade depuis l'un de ses verrous. Le passage se fait depuis le Grand Bé par une seconde chaussée, que la basse mer découvre moins longtemps que la première : la fenêtre est plus courte, la vigilance d'autant plus nécessaire. Vérifiez les horaires officiels avant de vous engager et revenez sans attendre dès que la mer remonte.

⚠ marée basse uniquement

Dormir près du Grand Bé : accès à pied, horaires et marge de sécurité

Piscine de mer de Bon-Secours

Intra-Muros

La réponse malouine à la marée basse : quand la mer se retire à plusieurs centaines de mètres, ce bassin de granit des années 1930 garde son eau, remplie et renouvelée à chaque pleine mer. Son plongeoir à trois plateformes est devenu l'un des emblèmes de la ville, souvent photographié au soleil couchant. Baignade possible à toute heure de la marée, c'est précisément sa raison d'être : quand le sable découvre à perte de vue, on continue d'y nager. Mais le bassin est sans surveillance hors saison, et le fond reste glissant d'algues près des marches : prudence avec les enfants.

La piscine de Bon-Secours : le bain qui ne dépend pas de la marée

Saint-Malo sud – gare

Cale de la Passagère

Saint-Malo sud – gare

À Quelmer, la vieille cale d'où le passeur traversait la Rance vers Jouvente, avant le barrage. Aujourd'hui c'est un bout du monde paisible, parfait pour une promenade hors des foules : carrelets sur pilotis, parcs à huîtres, grèves qui se découvrent largement quand l'usine marémotrice abaisse le plan d'eau, lumière douce de fin de journée sur l'estuaire. Attention, particularité de la Rance : les niveaux montent et descendent au rythme des turbines, pas des horaires du SHOM. Un coin de grève sec peut se recouvrir sans que la « marée » soit annoncée. Gardez un œil sur l'eau dès que vous descendez de la cale.

Paramé – Rochebonne

Estran de Rochebonne – pêche à pied

Paramé – Rochebonne

Aux grandes marées, l'estran découvert entre Rochebonne et le Minihic devient le terrain des pêcheurs à pied : coques et palourdes dans le sable, bigorneaux et crevettes dans les mares rocheuses. Le bon créneau se joue autour de la basse mer, dans les heures qui l'encadrent, quand l'eau découvre le plus largement. Respectez les tailles minimales et les quantités autorisées, et vérifiez les avis sanitaires en vigueur avant de récolter. Règle d'or du coin : consulter les horaires officiels, descendre avec la mer, remonter dès l'étale. Le flot revient ici à la vitesse d'un marcheur, plus vite qu'on ne le croit.

⚠ marée basse uniquement

Pêche à pied à Saint-Malo : où dormir et quand venir

Rothéneuf

Grève de la Guimorais

Rothéneuf

Entre la pointe du Meinga et les Chevrets, la grève de la Guimorais borde le havre de Rothéneuf, qui se vide presque entièrement à marée basse : sable ferme, mares, bancs de coquillages. C'est l'un des terrains de pêche à pied les plus courus des grandes marées, et une belle promenade en toute saison quand la mer s'est retirée, dans un décor qui change d'heure en heure. Mais le havre se remplit par un chenal étroit et la mer y revient bien plus vite qu'elle n'est partie : consultez les horaires officiels du SHOM avant de descendre sur la grève, et entamez le retour dès la renverse, sans attendre de voir l'eau arriver.

La pêche à pied à Saint-Malo, au rythme des coefficients

Île Besnard et plage des Chevrets

Rothéneuf

Au nord du havre de Rothéneuf, la grande plage sauvage des Chevrets s'adosse à la dune, entre l'île Besnard et la pointe du Meinga. L'île se rejoint par un cordon de sable, et son tour par le sentier enchaîne criques et points de vue sur le large. Une boucle idéale à mer basse, quand le sable porte partout. Le havre lui-même se vide presque entièrement à marée basse : un paysage de sable et de chenaux qui change à chaque heure, avant que le flot ne le remplisse à nouveau. Peu d'équipements, beaucoup d'espace : le contrepoint des plages urbaines du Sillon. Gardez un œil sur la marée montante si vous vous éloignez sur les bancs.

Cancale – pointe du Grouin

Île du Guesclin

Cancale – pointe du Grouin

Entre Rothéneuf et Cancale, ce rocher fortifié posé au milieu de son anse se rejoint à pied sec à marée basse, par le sable. À pleine mer, il redevient une île à part entière, que l'on contemple depuis la plage. Un château y fut tenu au XIVe siècle par la famille du connétable Bertrand du Guesclin ; le fort actuel, du XVIIIe, fut la maison de Léo Ferré de 1959 à 1968. Il y écrivit plusieurs de ses chansons. L'île est privée : on ne visite pas, mais le tour du rocher et l'anse valent à eux seuls le détour. Surveillez la marée montante, qui referme le passage : vérifiez les horaires avant de traverser et revenez dès que la mer gagne.

⚠ marée basse uniquement

Parcs à huîtres de Cancale

Cancale – pointe du Grouin

Dès que la mer descend, l'estran de la Houle se transforme en damier : des centaines de parcs à huîtres alignés jusqu'à l'horizon, tracteurs et barges au travail entre les tables. Le meilleur moment est la basse mer de grande marée, quand le damier se découvre en entier ; le spectacle se contemple depuis la jetée ou le sentier du Hock, et se déguste au marché du pied du phare, face aux parcs. Attention : les parcs sont des exploitations privées. On n'y prélève rien, jamais, et l'on ne s'aventure pas entre les tables, où la vase piège les pas et où le flot revient vite. Vérifiez l'horaire de marée avant toute balade sur l'estran.

La pêche à pied à Saint-Malo, au rythme des coefficients

Vallée de la Rance

Cale de Mordreuc (Pleudihen-sur-Rance)

Vallée de la Rance

L'un des plus beaux points de la Rance maritime, à mi-chemin entre Saint-Malo et l'écluse du Châtelier. C'est aussi l'un des meilleurs endroits pour comprendre ce que la marée fait à l'estuaire. À marée haute, la cale plonge dans un lac tranquille ; à marée basse, l'estuaire se retire presque entièrement et découvre vasières, herbus et les carcasses de vieux bateaux couchés, un paysage à la fois normand et breton que dominent les ruines du château de Péhou. Café-guinguette sur la cale en saison. Le spectacle du remplissage, au flot, vaut qu'on s'attarde une heure ; sur les vasières, en revanche, on ne s'aventure pas : la vase ne pardonne guère.

Baie du Mont-Saint-Michel

Bec d'Andaine : départ des traversées de la baie

Baie du Mont-Saint-Michel

À Genêts, côté normand, la pointe du Bec d'Andaine est le grand point de départ des traversées de la baie à pied vers le Mont-Saint-Michel. Environ treize kilomètres aller-retour sur les grèves, entre chenaux, sables mouvants et flot qui revient au rythme d'un marcheur. Ici, la marée n'est pas un décor mais la règle du jeu : la traversée ne se fait qu'avec un guide attesté, qui cale le départ et le retour sur la marée du jour. Ne vous engagez jamais seul sur ces grèves, même par beau temps, et regagnez la côte bien avant le retour du flot. À défaut de traverser, le panorama sur le Mont depuis la dune vaut déjà le déplacement.

⚠ marée basse uniquement

Le Mont-Saint-Michel depuis Saint-Malo, au rythme de la baie

Le Vivier-sur-Mer et ses bouchots

Baie du Mont-Saint-Michel

La capitale de la moule de bouchot : des alignements de pieux plantés sur des kilomètres d'estran, que la basse mer découvre à perte de vue. Le paysage change du tout au tout entre pleine et basse mer, et c'est au jusant que le spectacle est le plus saisissant. Les mytiliculteurs rejoignent leurs bouchots en bateaux amphibies posés sur le sable, un ballet qui s'observe très bien depuis la digue. Les bouchots sont des exploitations privées : ils se regardent de loin ou se visitent avec les sorties organisées depuis le port, jamais en s'aventurant seul sur les grèves. La baie ne pardonne pas les improvisations.

Le Mont-Saint-Michel depuis Saint-Malo, au rythme de la baie

Les prochaines grandes marées

  • 11–13 septembre 2026102équinoxe d’automneéquinoxe
  • 27–29 septembre 202699équinoxe d’automneéquinoxe
  • 10–12 octobre 202695automne

Voir le calendrier complet des grandes marées

Que faire à Saint-Malo quand la mer est basse ?

Traverser vers le Grand Bé ou le Fort National, marcher sur l'estran soudain immense du Sillon, nager dans la piscine de Bon-Secours qui garde son eau, chercher coques et palourdes aux grandes marées, ou longer les rochers vers Rothéneuf. Chaque lieu de la liste ci-dessous a sa fiche, avec ce que la basse mer y découvre.

Peut-on se baigner à marée basse à Saint-Malo ?

Oui, deux options : la piscine d'eau de mer de Bon-Secours, remplie à chaque pleine mer, qui garde son bain quand la mer s'est retirée (c'est sa raison d'être), ou la marche jusqu'à l'eau, qui peut être longue aux grands coefficients mais mène à une mer calmée par les bancs. Restez dans les zones surveillées en saison et méfiez-vous des chenaux au retour.

Combien de temps peut-on rester sur l'estran ?

La règle d'or malouine : on part à la descendante, on rentre dès la renverse. La mer reste basse environ deux heures, puis remonte pendant six heures. Dans la baie, elle avance au rythme d'un marcheur. Consultez les horaires officiels du SHOM avant de partir, et entamez le retour dès l'heure de la basse mer passée.

Jusqu'où la mer descend-elle à Saint-Malo ?

Avec un marnage qui atteint 12 à 13 mètres aux plus grands coefficients, la mer peut se retirer à plusieurs centaines de mètres du haut des plages. Aux grandes marées, l'estran du Sillon devient un désert de sable ferme, les parcs et rochers habituellement immergés se découvrent, et des passages apparaissent vers des îlots inaccessibles le reste du temps.

La marée basse est-elle plus intéressante en grande marée ?

Oui : plus le coefficient est fort, plus la mer descend bas et plus l'estran découvert est vaste. À partir d'un coefficient de 90, des zones rarement émergées apparaissent : c'est le moment des pêcheurs à pied et des grandes traversées de grève. Les dates des prochains grands coefficients figurent sur cette page et dans le calendrier.