À Saint-Malo, une plage n’est jamais la même deux heures de suite. Avec l’un des plus grands marnages d’Europe (jusqu’à 13 mètres entre basse et pleine mer), le sable apparaît et disparaît au rythme des marées : la carte interactive montre chaque plage et chaque passage découvert, et cette page les rassemble tous, classés par secteur.
Côté ville, la grande plage du Sillon déroule ses trois kilomètres de la porte Saint-Thomas à Rochebonne. Au pied des remparts, Bon-Secours et sa piscine d’eau de mer regardent le soleil se coucher derrière le Grand Bé. Le passage se découvre à marée basse, et dormir face aux îlots permet de guetter la fenêtre de traversée depuis sa chambre. De l’autre côté de la cité, la plage du Môle s’abrite du vent d’est, l’Éventail ouvre le passage vers le Fort National, et Saint-Servan cache les Bas-Sablons, protégés par la cale de Solidor. Vers l’est, Rochebonne, le Minihic et le Pont enchaînent les criques familiales de Paramé jusqu’à Rothéneuf, où l’estran devient un terrain de pêche à pied aux grandes marées.
Le Sillon, la plage-monument
Trois kilomètres d’un seul tenant, adossés à la digue qui protège l’isthme de la ville : le Sillon est autant un monument qu’une plage, régulièrement cité parmi les plus belles de France. Sa signature, ce sont les brise-lames de chêne plantés en rangs serrés devant la digue : des centaines de troncs entiers, renouvelés depuis le XIXe siècle, qui brisent l’énergie des vagues avant le mur et dessinent à marée basse une perspective unique.
La plage a deux vies. À basse mer, un désert de sable ferme où l’on marche au large des brise-lames, du Naye jusqu’à Rochebonne, croisant chars à bras des écoles de voile, joggeurs et pêcheurs de bas de plage. À pleine mer de grand coefficient, plus de plage du tout : la mer frappe la digue et les hôtels du front de mer se retrouvent aux premières loges. Et si la houle s’en mêle, la mer saute et la promenade elle-même passe côté spectacle, à regarder de loin et à l’abri.
La piscine de Bon-Secours, mode d’emploi
Ce bassin de granit, construit dans les années 1930 au pied des remparts, est rempli et renouvelé à chaque pleine mer. Quand la mer se retire à plusieurs centaines de mètres, il reste la seule baignade en eau profonde de la ville, avec son plongeoir à trois plateformes, rite de passage des étés malouins. L’accès est libre ; le fond, glissant d’algues près des marches, réclame un peu d’attention, et l’on garde un œil sur les enfants : le bassin n’est pas surveillé en permanence.
Quelle plage pour quoi
Pour nager sans regarder l’heure : Bon-Secours et sa piscine. Avec des enfants : les Bas-Sablons, abrités et en pente douce, ou les criques du Minihic et du Pont à Paramé, plus calmes que le grand Sillon. Pour la marche : le Sillon à marée basse, évidemment, jusqu’à la pointe de Rochebonne et au-delà. À l’abri du vent d’est : la plage du Môle, calée contre les remparts. Pour le coucher de soleil : Bon-Secours, face aux deux Bé. Pour être seul : le Val et la Guimorais vers Rothéneuf, ou la Touesse vers Saint-Coulomb. Les fiches ci-dessous donnent l’accès et ce que la marée y change.
Se baigner selon la marée
À Saint-Malo, l’heure du bain se choisit sur l’annuaire des marées autant que sur la météo. Le meilleur moment est souvent la marée montante : l’eau revient sur du sable chauffé par le soleil et gagne deux ou trois degrés au passage. À marée basse, la mer est loin mais les mares tièdes entre les brise-lames font le bonheur des petits, et la piscine de Bon-Secours prend le relais pour les nageurs. À pleine mer de grand coefficient, les plages se réduisent à un ruban : on surveille ses affaires, et l’on s’écarte des digues et des cales dès que la houle envoie des vagues par-dessus. Le spectacle s’observe de loin et à l’abri.
Un réflexe avant toute sortie : les lieux marqués « accessible à marée basse » ci-dessous s’isolent à marée montante, et la mer remonte ici plus vite qu’on ne marche. Consultez toujours les horaires officiels du SHOM avant de traverser vers un îlot ou de partir loin sur l’estran. Le calendrier des grandes marées vous dira en plus quels jours l’estran donne son maximum.
⚠ Les lieux marqués « marée basse uniquement » ne sont accessibles qu’à marée basse : vérifiez les horaires officiels du SHOM avant de traverser. Horaires officiels des marées (SHOM) ↗
Le Sillon
Grande plage du Sillon
Le Sillon
La plage urbaine de trois kilomètres qui borde la digue, régulièrement citée parmi les plus belles de France, et l'endroit où le marnage malouin se donne le mieux en spectacle. À pleine mer de grand coefficient, elle disparaît entièrement et la mer vient battre la digue ; à marée basse, elle s'étend sur des centaines de mètres, ponctuée par les alignements de brise-lames en chêne. Baignade surveillée en été sur plusieurs postes ; l'estran immense se prête à la marche, au cerf-volant et aux baignades interminables de fin de journée. Aux grandes marées, tenez-vous à distance de la digue quand les vagues la franchissent.
Sur son rocher face à la plage de l'Éventail, ce fort dessiné par Vauban en 1689 et bâti par Garangeau en granit de Chausey gardait la rade avec le Petit Bé et la Conchée. On le rejoint à pied sec à marée basse ; le drapeau hissé signale que la visite guidée est ouverte, en saison. Du chemin de ronde, vue imprenable sur le Sillon et les remparts : selon l'heure de la marée, une mer omniprésente ou un immense désert de sable. Aux plus grands coefficients, la mer découvre largement le passage, puis le referme en moins d'une heure : consultez les horaires de marée avant de traverser et n'attendez pas les premières flaques pour revenir.
Visites à marée basse, de Pâques à fin septembre environ. Drapeau hissé quand le fort est ouvert.
L'îlot où Chateaubriand a voulu être enterré pour « ne parler qu'à la mer » : sa tombe, une dalle sans nom surmontée d'une croix, regarde le large depuis 1848. On y accède à pied sec depuis la plage de Bon-Secours par une chaussée que la mer découvre autour de la mi-marée : le bon moment pour monter y prendre la lumière du soir sur la baie. Le tour de l'îlot offre la plus belle vue rapprochée sur les remparts. Mais la mer isole le Grand Bé plusieurs heures à chaque marée : consultez les horaires officiels avant de traverser et revenez dès que le flot touche la chaussée. Le sauvetage de promeneurs surpris est un classique local.
Derrière le Grand Bé, ce second îlot porte un fort dessiné par Vauban à la fin du XVIIe siècle, maillon de la ceinture de feu qui verrouillait la rade avec le Fort National et la Conchée. Une association le restaure et le fait visiter selon la marée et la saison, l'occasion rare de voir la rade depuis l'un de ses verrous. Le passage se fait depuis le Grand Bé par une seconde chaussée, que la basse mer découvre moins longtemps que la première : la fenêtre est plus courte, la vigilance d'autant plus nécessaire. Vérifiez les horaires officiels avant de vous engager et revenez sans attendre dès que la mer remonte.
La réponse malouine à la marée basse : quand la mer se retire à plusieurs centaines de mètres, ce bassin de granit des années 1930 garde son eau, remplie et renouvelée à chaque pleine mer. Son plongeoir à trois plateformes est devenu l'un des emblèmes de la ville, souvent photographié au soleil couchant. Baignade possible à toute heure de la marée, c'est précisément sa raison d'être : quand le sable découvre à perte de vue, on continue d'y nager. Mais le bassin est sans surveillance hors saison, et le fond reste glissant d'algues près des marches : prudence avec les enfants.
La plage des Malouins, sous les remparts côté ouest, célèbre pour sa piscine d'eau de mer des années 1930 : un bassin de pierre que chaque marée remplit, dominé par son plongeoir emblématique. On s'y baigne quelle que soit l'heure de la marée, même quand la mer s'est retirée au loin. C'est aussi le point de départ du passage vers le Grand Bé à marée basse : consultez les horaires avant de traverser et revenez avant que le flot ne recouvre la chaussée. Les couchers de soleil depuis le sable, face aux îlots, comptent parmi les plus réputés de la ville : la pleine mer du soir leur sert d'écrin.
Au pied du château, c'est la plage la plus proche des remparts côté Sillon, face au rocher du Fort National. Ici, tout se lit à l'heure de la marée : à basse mer, on part à pied sec vers le fort et l'estran s'ouvre largement ; à marée haute, il ne reste qu'un ruban de sable au pied des murs. Très fréquentée l'été pour sa situation, elle est surtout le premier rang du spectacle des grandes marées : à pleine mer, les vagues viennent battre l'enrochement sous le château. Si vous traversez vers le fort, vérifiez les horaires de marée et revenez avant que le flot ne referme le passage.
Plage du Môle
Intra-Muros
Petite plage nichée entre le bastion de la Hollande et le môle des Noires, la plus abritée du pied des remparts. Sable fin, peu de houle par régime d'ouest grâce à la jetée : c'est le repli des jours venteux, quand le Sillon est infréquentable. La marée redessine complètement les lieux : à basse mer, la plage rejoint Bon-Secours d'une seule étendue de sable où la promenade file sous les murailles ; à pleine mer, elle se réduit à un croissant abrité, parfait pour la baignade. Attention par tempête : les abords du môle sont dangereux et fermés au public. On admire alors les vagues de loin.
Saint-Servan
Plage des Bas-Sablons
Saint-Servan
La plage de Saint-Servan, au pied de la cité d'Alet, abritée des houles du large par le môle et les hauteurs de la presqu'île : l'eau y est souvent plus calme qu'au Sillon, ce qui en fait une baignade rassurante en famille. À marée basse, le sable s'élargit en pente douce ; à marée haute, on nage avec vue sur le va-et-vient de l'entrée du port et sur Dinard, juste en face. Le sentier qui part du bout de la plage fait le tour d'Alet et mène à la tour Solidor, la promenade courte la plus complète de la ville, à caler de préférence autour de la pleine mer, quand le paysage est le plus marin.
Saint-Malo sud – gare
Cale de la Passagère
Saint-Malo sud – gare
À Quelmer, la vieille cale d'où le passeur traversait la Rance vers Jouvente, avant le barrage. Aujourd'hui c'est un bout du monde paisible, parfait pour une promenade hors des foules : carrelets sur pilotis, parcs à huîtres, grèves qui se découvrent largement quand l'usine marémotrice abaisse le plan d'eau, lumière douce de fin de journée sur l'estuaire. Attention, particularité de la Rance : les niveaux montent et descendent au rythme des turbines, pas des horaires du SHOM. Un coin de grève sec peut se recouvrir sans que la « marée » soit annoncée. Gardez un œil sur l'eau dès que vous descendez de la cale.
Plage du Rosais
Saint-Malo sud – gare
La plage discrète de l'embouchure de la Rance, sous les villas de Saint-Servan, face à la Vicomté de Dinard : une anse de sable et de galets d'où l'on regarde passer les voiliers qui entrent en Rance et les gros départs vers les îles. Abritée de la houle du large par la pointe, elle reste praticable quand le Sillon est battu par les vagues : un bon repli les jours de grand vent. À marée basse, l'anse gagne une belle bande de sable ; à marée haute, l'eau remonte presque au pied des villas. Le soir, le soleil se couche pile dans l'axe de l'estuaire, un des spots photo méconnus de la ville.
Paramé – Rochebonne
Estran de Rochebonne – pêche à pied
Paramé – Rochebonne
Aux grandes marées, l'estran découvert entre Rochebonne et le Minihic devient le terrain des pêcheurs à pied : coques et palourdes dans le sable, bigorneaux et crevettes dans les mares rocheuses. Le bon créneau se joue autour de la basse mer, dans les heures qui l'encadrent, quand l'eau découvre le plus largement. Respectez les tailles minimales et les quantités autorisées, et vérifiez les avis sanitaires en vigueur avant de récolter. Règle d'or du coin : consulter les horaires officiels, descendre avec la mer, remonter dès l'étale. Le flot revient ici à la vitesse d'un marcheur, plus vite qu'on ne le croit.
Le prolongement familial du Sillon, au droit de Paramé : clubs de plage l'été, école de voile, cale de mise à l'eau et digue-promenade en arrière. Son atout tient à la marée : le sable y reste large même à mi-marée, ce qui en fait la plage la plus praticable de la ville quand le coefficient est moyen, l'endroit où poser sa serviette quand la pleine mer mange les autres plages. Les immeubles et villas du front de mer datent de l'âge d'or balnéaire de Paramé, fin XIXe : la promenade sur la digue, à toute heure de la marée, vaut pour eux autant que pour la mer.
Entre Rochebonne et la pointe de la Varde, une plage plus calme que ses voisines, bordée de rochers qui découvrent de belles mares à marée basse : le coin des enfants à épuisette, à explorer dans les heures qui encadrent la basse mer, avant que le flot ne recouvre les cuvettes. La pointe la protège des houles de nord-est, et la baignade est la plus agréable à marée montante. En remontant vers la Varde par le GR 34, on gagne en quelques minutes l'un des meilleurs points de vue de la côte malouine. On y mesure, aux grandes marées, l'ampleur de l'estran découvert.
Plage du Pont
Paramé – Rochebonne
La crique familiale entre le Minihic et le Val, à l'entrée de Rothéneuf : une anse abritée du vent d'ouest, des cabines de plage et une pente douce qui en fait une des baignades les plus faciles de la côte malouine avec des enfants. Le mieux est de venir à marée montante, quand l'eau recouvre doucement le sable tiédi. À marée basse, le sable rejoint presque l'île Besnard et les rochers découverts se prêtent à la pêche aux bouquets, épuisette en main. Bien moins fréquentée que le Sillon, même au cœur de l'été : on y revient pour la tranquillité autant que pour l'abri.
Rothéneuf
Grève de la Guimorais
Rothéneuf
Entre la pointe du Meinga et les Chevrets, la grève de la Guimorais borde le havre de Rothéneuf, qui se vide presque entièrement à marée basse : sable ferme, mares, bancs de coquillages. C'est l'un des terrains de pêche à pied les plus courus des grandes marées, et une belle promenade en toute saison quand la mer s'est retirée, dans un décor qui change d'heure en heure. Mais le havre se remplit par un chenal étroit et la mer y revient bien plus vite qu'elle n'est partie : consultez les horaires officiels du SHOM avant de descendre sur la grève, et entamez le retour dès la renverse, sans attendre de voir l'eau arriver.
Au nord du havre de Rothéneuf, la grande plage sauvage des Chevrets s'adosse à la dune, entre l'île Besnard et la pointe du Meinga. L'île se rejoint par un cordon de sable, et son tour par le sentier enchaîne criques et points de vue sur le large. Une boucle idéale à mer basse, quand le sable porte partout. Le havre lui-même se vide presque entièrement à marée basse : un paysage de sable et de chenaux qui change à chaque heure, avant que le flot ne le remplisse à nouveau. Peu d'équipements, beaucoup d'espace : le contrepoint des plages urbaines du Sillon. Gardez un œil sur la marée montante si vous vous éloignez sur les bancs.
Plage du Val (Rothéneuf)
Rothéneuf
De l'autre côté de la pointe de la Varde, la plage du Val ouvre la séquence des plages de Rothéneuf : plus sauvage, adossée aux dunes et exposée plein nord. Quand la houle rentre, les vagues y sont parmi les plus franches du secteur, et la plage devient un beau poste d'observation à pleine mer. À marée basse, le sable s'étend largement et rejoint presque le havre de Rothéneuf : c'est l'heure des grandes marches et des jeux de plage, quand l'estran découvre. Moins de services qu'en ville : on vient ici pour l'espace, la lumière et le bruit du large.
Dinard – Saint-Lunaire
Grande plage de Lancieux
Dinard – Saint-Lunaire
Face à l'île des Ébihens, la grande plage de Lancieux déroule plus d'un kilomètre de sable orienté plein ouest. Les couchers de soleil, parmi les plus beaux de la Côte d'Émeraude, se savourent depuis la dune quand la pleine mer arrive en fin de journée. À marée basse de grand coefficient, la mer se retire très loin et découvre un immense estran de sable ferme où l'on marche, pêche et fait voler les cerfs-volants : le paysage change alors complètement d'échelle. La baignade se fait de préférence à marée montante, quand l'eau revient sur le sable chauffé par le soleil et y gagne quelques degrés.
Plage de l'Écluse (Dinard)
Dinard – Saint-Lunaire
La plage centrale de Dinard, ourlée de ses tentes rayées bleu et blanc, entre la pointe du Moulinet et la pointe de la Malouine. Le décor Belle Époque (casino, villas classées, cabines) en a fait l'image de la station depuis 150 ans ; Picasso y a peint plusieurs étés. La marée y compose deux plages en une : basse mer généreuse en sable pour les jeux et les grandes marches, pleine mer où l'eau revient au plus près des cabines. Piscine d'eau de mer à l'extrémité, précieuse quand la mer est loin, et baignade surveillée l'été. Face au large, le rocher de Cézembre et, à droite, les remparts de Saint-Malo.
Plage de Longchamp (Saint-Lunaire)
Dinard – Saint-Lunaire
La grande plage entre Dinard et Saint-Lunaire, l'une des plus étendues de la Côte d'Émeraude, encadrée par la pointe du Décollé et la pointe de la Garde Guérin. Exposée au nord-ouest, c'est le spot de surf et de longe-côte du secteur quand la houle rentre. La marée y change tout : à basse mer, le sable découvre sur des centaines de mètres, place aux marcheurs, aux châteaux de sable et aux grandes lumières ; puis le flot resserre peu à peu la plage et ramène les baigneurs vers le haut du sable. Moins urbaine que l'Écluse, plus familiale que sauvage, et le sentier des douaniers part des deux extrémités, pour prolonger la journée en corniche.
Cancale – pointe du Grouin
Anse du Guesclin
Cancale – pointe du Grouin
Une large anse de sable clair adossée à sa dune, gardée au milieu par l'île fortifiée du Guesclin, sur la route côtière vers Cancale. La marée y réinvente le décor deux fois par jour. Plage non urbanisée, dans un site naturel protégé : pas de digue, pas de commerces, le stationnement se fait en retrait. Baignade surveillée l'été côté ouest. À marée basse, le tour de l'île s'improvise sur le sable, sans s'attarder quand la mer remonte ; à marée haute, l'anse redevient un amphithéâtre marin où l'île semble flotter au milieu des eaux.
Anse du Verger
Cancale – pointe du Grouin
Entre la pointe du Grouin et celle du Nid, l'anse du Verger est la grande plage sauvage de Cancale : un arc de sable adossé à des dunes protégées, sans digue ni front de mer, gardé par la chapelle Notre-Dame du Verger où les terre-neuvas venaient se confier avant la campagne. Exposée au nord, elle prend la houle des coups de vent. Superbe à regarder à pleine mer, la baignade y reste prudente en toutes circonstances. À marée basse, l'estran s'étire d'une pointe à l'autre sous le sentier des douaniers : c'est l'heure des grandes marches sur le sable ferme, dans la lumière rasante. On vient ici pour l'espace, pas pour les services.
Île du Guesclin
Cancale – pointe du Grouin
Entre Rothéneuf et Cancale, ce rocher fortifié posé au milieu de son anse se rejoint à pied sec à marée basse, par le sable. À pleine mer, il redevient une île à part entière, que l'on contemple depuis la plage. Un château y fut tenu au XIVe siècle par la famille du connétable Bertrand du Guesclin ; le fort actuel, du XVIIIe, fut la maison de Léo Ferré de 1959 à 1968. Il y écrivit plusieurs de ses chansons. L'île est privée : on ne visite pas, mais le tour du rocher et l'anse valent à eux seuls le détour. Surveillez la marée montante, qui referme le passage : vérifiez les horaires avant de traverser et revenez dès que la mer gagne.
⚠ marée basse uniquement
Parcs à huîtres de Cancale
Cancale – pointe du Grouin
Dès que la mer descend, l'estran de la Houle se transforme en damier : des centaines de parcs à huîtres alignés jusqu'à l'horizon, tracteurs et barges au travail entre les tables. Le meilleur moment est la basse mer de grande marée, quand le damier se découvre en entier ; le spectacle se contemple depuis la jetée ou le sentier du Hock, et se déguste au marché du pied du phare, face aux parcs. Attention : les parcs sont des exploitations privées. On n'y prélève rien, jamais, et l'on ne s'aventure pas entre les tables, où la vase piège les pas et où le flot revient vite. Vérifiez l'horaire de marée avant toute balade sur l'estran.
Entre la pointe du Meinga et l'anse du Guesclin, une plage de sable fin abritée, moins fréquentée que ses voisines malouines. C'est le rivage de Colette : depuis sa villa de Rozven, juste au-dessus, elle écrivit notamment Le Blé en herbe (1923), dont l'intrigue se joue sur ces grèves. Criques et rochers aux deux bouts, mares à explorer à marée basse (l'heure des enfants à épuisette), baignade plus agréable au montant, sentier des douaniers en balcon. L'endroit garde quelque chose de l'insouciance des étés d'écrivains, surtout hors saison, quand la marée redessine la plage pour presque personne.
Plage de Port-Mer
Cancale – pointe du Grouin
La plage familiale de Cancale, dans l'anse abritée entre la pointe du Grouin et le bourg : sable en pente douce, école de voile, cafés les pieds dans l'eau et vue sur l'île des Rimains et son fort. La marée donne ici le rythme de la journée : à basse mer, l'anse découvre largement et les dériveurs attendent le flot posés sur le sable ; à mer montante, l'eau revient sur un sable réchauffé, le meilleur moment pour la baignade. C'est aussi un bon point de départ pour le sentier des douaniers vers le Grouin : comptez une petite heure de marche en corniche, face au large.
Vallée de la Rance
Cale de Mordreuc (Pleudihen-sur-Rance)
Vallée de la Rance
L'un des plus beaux points de la Rance maritime, à mi-chemin entre Saint-Malo et l'écluse du Châtelier. C'est aussi l'un des meilleurs endroits pour comprendre ce que la marée fait à l'estuaire. À marée haute, la cale plonge dans un lac tranquille ; à marée basse, l'estuaire se retire presque entièrement et découvre vasières, herbus et les carcasses de vieux bateaux couchés, un paysage à la fois normand et breton que dominent les ruines du château de Péhou. Café-guinguette sur la cale en saison. Le spectacle du remplissage, au flot, vaut qu'on s'attarde une heure ; sur les vasières, en revanche, on ne s'aventure pas : la vase ne pardonne guère.
Baie du Mont-Saint-Michel
Bec d'Andaine : départ des traversées de la baie
Baie du Mont-Saint-Michel
À Genêts, côté normand, la pointe du Bec d'Andaine est le grand point de départ des traversées de la baie à pied vers le Mont-Saint-Michel. Environ treize kilomètres aller-retour sur les grèves, entre chenaux, sables mouvants et flot qui revient au rythme d'un marcheur. Ici, la marée n'est pas un décor mais la règle du jeu : la traversée ne se fait qu'avec un guide attesté, qui cale le départ et le retour sur la marée du jour. Ne vous engagez jamais seul sur ces grèves, même par beau temps, et regagnez la côte bien avant le retour du flot. À défaut de traverser, le panorama sur le Mont depuis la dune vaut déjà le déplacement.
La capitale de la moule de bouchot : des alignements de pieux plantés sur des kilomètres d'estran, que la basse mer découvre à perte de vue. Le paysage change du tout au tout entre pleine et basse mer, et c'est au jusant que le spectacle est le plus saisissant. Les mytiliculteurs rejoignent leurs bouchots en bateaux amphibies posés sur le sable, un ballet qui s'observe très bien depuis la digue. Les bouchots sont des exploitations privées : ils se regardent de loin ou se visitent avec les sorties organisées depuis le port, jamais en s'aventurant seul sur les grèves. La baie ne pardonne pas les improvisations.
Cela dépend de l'heure de la marée. La grande plage du Sillon, trois kilomètres de sable adossés à la digue, est celle qui change le plus : immense à marée basse, réduite à un ruban à pleine mer de grand coefficient. Bon-Secours, au pied des remparts, offre la piscine d'eau de mer et le départ vers le Grand Bé ; les Bas-Sablons, à Saint-Servan, sont les plus abrités.
Quelle plage choisir avec des enfants ?
Les Bas-Sablons à Saint-Servan, abrités et en pente douce, sont le choix le plus tranquille ; à Paramé, le Minihic et le Pont offrent des criques familiales moins fréquentées que le grand Sillon. À marée basse, les mares tièdes entre les brise-lames du Sillon font le terrain de jeu des enfants, à condition de garder l'œil sur l'heure de la renverse.
Peut-on se baigner à Saint-Malo à marée basse ?
Oui, mais la mer peut se retirer à plusieurs centaines de mètres : à marée basse, la piscine de Bon-Secours, remplie à chaque pleine mer, est l'option la plus simple. À marée montante, l'eau revient vite sur du sable chauffé : c'est souvent le meilleur moment de baignade. Surveillez les drapeaux en saison.
Quelles plages permettent de rejoindre les îlots à pied ?
Depuis Bon-Secours, on traverse à marée basse vers le Grand Bé puis le Petit Bé ; depuis la plage de l'Éventail, vers le Fort National. La mer isole ces îlots en remontant : vérifiez les horaires officiels du SHOM avant de traverser et revenez dès que la mer touche la chaussée.
Les plages de Saint-Malo sont-elles surveillées ?
En haute saison, les principales plages (le Sillon, Bon-Secours, l'Éventail, les Bas-Sablons) disposent de postes de secours avec surveillance en journée ; les jours et horaires exacts sont affichés aux postes et publiés par la mairie. Hors saison, on se baigne sans surveillance : tenez compte des drapeaux, de la météo et de la marée, et évitez les abords des digues quand la houle s'en mêle.