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Saint-Malo Guide

Patrimoine de Saint-Malo : remparts, forts et malouinières

Mis à jour le 25 juillet 2026

Saint-Malo se raconte depuis son chemin de ronde. Deux kilomètres de remparts enserrent la ville reconstruite pierre à pierre après 1944, et le tour — libre, gratuit, ouvert jour et nuit — reste la plus belle entrée en matière : d’un côté les hôtels d’armateurs aux façades sévères, de l’autre la baie, le Grand Bé et le Fort National posés sur l’eau ou sur le sable selon l’heure. Dormir Intra-Muros permet de faire ce tour au lever du jour, avant la foule.

Car ici, même le patrimoine vit à l’heure de la marée. Le Fort National, la tour du Grand Bé et le tombeau de Chateaubriand ne se rejoignent qu’à pied, quand la mer veut bien découvrir leurs chaussées — les hébergements face aux îlots mettent la fenêtre de traversée sous vos yeux. À pleine mer de grand coefficient, ce sont les remparts eux-mêmes qui deviennent le premier balcon du spectacle.

Hors les murs, Saint-Servan garde la tour Solidor et les vestiges de la cité d’Alet, premier site de la ville ; la corniche offre le plus beau regard sur la rade. Dans l’arrière-pays et le long de la Rance, les malouinières — la Chipaudière, le Bos, le Puits Sauvage — racontent la fortune des armateurs du grand siècle malouin, à un quart d’heure de la cité.

Tous ces lieux sont classés ci-dessous par secteur, et rassemblés sur la carte interactive avec les spots d’observation des grandes marées. Pour les sites marqués « accessible à marée basse », un seul réflexe : les horaires officiels du SHOM avant de traverser.

17 lieux, classés par secteurVoir ces lieux sur la carte interactive

Intra-Muros

Cathédrale Saint-Vincent

Intra-Murosà vérifier

Au point culminant du rocher, la cathédrale mêle nef romane et chœur gothique. Jacques Cartier y reçut la bénédiction de l'évêque avant d'appareiller pour le Canada en 1535 ; une dalle y marque aujourd'hui sa sépulture, retrouvée en 1949. La flèche, abattue par les bombardements de 1944, ne fut rétablie qu'en 1972 — sa silhouette guide toujours les navigateurs en approche. Vitraux contemporains éclatants de Jean Le Moal et Max Ingrand, posés lors de la reconstruction.

Château de Saint-Malo

Intra-Murosà vérifier

Le château qui garde l'entrée de la vieille ville fut agrandi par la duchesse Anne de Bretagne contre l'avis des Malouins ; la tour qu'elle imposa en 1498 porte encore sa réponse à leurs protestations : « Quic-en-Groigne » — qu'importe qui en grogne, ainsi sera-t-il. Il abrite aujourd'hui l'hôtel de ville. Le musée d'histoire installé dans le grand donjon est fermé dans l'attente du futur musée maritime : vérifier l'état du projet avant la visite. Le tour extérieur des douves et la vue depuis la plage de l'Éventail restent libres.

Demeure de Corsaire (hôtel Magon)

Intra-Murosà vérifier

L'hôtel particulier bâti en 1725 pour Auguste Magon de la Lande, armateur, corsaire et directeur de la Compagnie des Indes, est l'une des rares grandes demeures d'armateurs de l'Intra-Muros à avoir traversé l'incendie de 1944. On y visite les salons lambrissés, les caves voûtées où transitaient les cargaisons et les toits d'où l'on guettait le retour des navires — un condensé de ce que fut la fortune malouine au temps de la course. Visites guidées ; vérifier jours et horaires.

Remparts de Saint-Malo

Intra-Murosà vérifier

En août 1944, les combats de la Libération détruisirent près de 80 % de l'Intra-Muros ; la ville fut reconstruite à l'identique, en granit. Les remparts, eux, sont d'origine — élevés du XIIe au XVIIIe siècle, agrandis par l'ingénieur Garangeau sur les plans de Vauban. Le chemin de ronde complet fait 1,7 km, en accès libre, jalonné par les statues des corsaires Duguay-Trouin et Surcouf, ce dernier pointant du doigt l'Angleterre. Deux fois par jour, le paysage à leurs pieds change entièrement avec la marée.

Dormir Intra-Muros à Saint-Malo : le vrai du faux

Rade et îles du large

Fort de la Conchée

Rade et îles du largeposition estimée

Le chef-d'œuvre militaire de la rade : un fort épousant intégralement son rocher, à quatre kilomètres au large, jugé par Vauban lui-même comme l'un de ses ouvrages les plus audacieux. Bombardé dès 1693 par la flotte anglaise — qu'il contribua à repousser —, mitraillé en 1944, il est restauré pierre à pierre par une association depuis les années 1980. Il ne se visite que très ponctuellement : on l'admire depuis les vedettes, la pointe de la Varde ou le Sillon, posé sur l'horizon.

Phare du Grand Jardin

Rade et îles du largeposition estimée

La sentinelle de la rade : planté sur son écueil à l'ouest de Cézembre, le phare guide l'entrée du chenal principal de Saint-Malo. Dynamité par l'armée allemande en 1944, il fut reconstruit à l'identique en 1950 et automatisé depuis. On ne le visite pas, mais il rythme tous les horizons malouins — et les vedettes pour Dinard, Cézembre ou le cap Fréhel passent à son pied. Par grande marée basse, son socle rocheux se découvre largement.

Saint-Servan

Cité d'Alet

Saint-Servanà vérifier

C'est ici que Saint-Malo est née : la presqu'île d'Alet portait la cité gallo-romaine et le premier évêché, avant que population et pouvoir ne migrent sur le rocher voisin, plus facile à défendre. Restent les vestiges de la cathédrale Saint-Pierre, des pans de rempart, et le fort du XVIIIe creusé de galeries par l'armée allemande — le mémorial 39-45 s'y visite. Le sentier qui fait le tour de la presqu'île sous les arbres offre la meilleure vue sur l'entrée du port, les îlots et Dinard.

Malouinière du Bos

Saint-Servanposition estimée

Au-dessus du hameau de Quelmer et de la cale de la Passagère, une malouinière du début du XVIIIe siècle attribuée à Garangeau, tournée vers la Rance : les armateurs rejoignaient leurs demeures en canot, à la marée, plus vite qu'en voiture à cheval. Logis de granit entre cour et jardin, charmille, vue sur l'estuaire. Propriété privée ouverte à la visite guidée l'été — vérifier jours et horaires avant de venir.

Parc de la Briantais

Saint-Servanposition estimée

Au sud de Saint-Servan, un grand parc public en surplomb de la Rance : prairies, cèdres et allées cavalières autour d'un château du XIXe siècle, héritier d'une malouinière plus ancienne. C'est la promenade des Malouins le dimanche, avec l'une des plus belles vues sur l'estuaire, le barrage et Dinard — et un poste étonnant pour regarder la marée remonter la Rance. Accès libre au parc ; le château ne se visite que ponctuellement.

Tour Solidor

Saint-Servanà vérifier

Trois tours accolées du XIVe siècle, bâties par le duc de Bretagne Jean IV pour tenir l'estuaire de la Rance — et surveiller une Saint-Malo alors frondeuse. Longtemps musée des cap-horniers, la tour est en cours de réaménagement : vérifier l'ouverture avant la visite. Le site, lui, vaut à toute heure : la cale pavée, les maisons de pêcheurs de Saint-Servan et, à marée basse, l'anse de Solidor vidée où les coques attendent le flot, couchées sur la vase.

Saint-Malo sud – gare

Grand Aquarium de Saint-Malo

Saint-Malo sud – gareà vérifier

À dix minutes du centre, l'aquarium malouin s'est fait une spécialité de la mise en scène : un anneau à 360° où tournent les requins, un bassin tactile, et le « Nautibus », petit sous-marin qui plonge réellement dans un bassin peuplé. Quelques centaines d'espèces, des mers froides aux tropiques. C'est la valeur refuge des jours de pluie — et des heures de marée haute, quand l'estran a disparu et que les enfants s'impatientent.

Ouvert toute l'année ; horaires selon la saison.

Site officiel ↗

Paramé – Rochebonne

Malouinière de la Chipaudière

Paramé – Rochebonneposition estimée

La plus célèbre des malouinières — ces maisons des champs que les armateurs se firent bâtir autour de Saint-Malo quand la fortune de la course et du commerce déborda les remparts. Élevée vers 1710 pour François-Auguste Magon de la Lande sur des plans attribués à Garangeau, l'architecte de Vauban, elle aligne sa façade classique entre cour et jardin à la française. Toujours habitée par la famille Magon, trois siècles plus tard. Propriété privée : extérieurs visibles, ouvertures ponctuelles — vérifier avant d'y aller.

Rothéneuf

Manoir de Limoëlou — musée Jacques Cartier

Rothéneufà vérifier

La seule demeure conservée de Jacques Cartier : le découvreur du Canada acheta cette ferme de Rothéneuf après ses voyages et l'agrandit en manoir, où il vécut jusqu'à sa mort en 1557. Restauré et meublé comme au XVIe siècle, il se visite en compagnie d'un guide — cartes, routes de navigation et vie quotidienne d'un capitaine malouin entre deux traversées de l'Atlantique. Une visite courte qui se combine bien avec les rochers sculptés voisins.

Visites guidées ; jours et horaires selon la saison.

Rochers sculptés de Rothéneuf

Rothéneufà vérifier

L'abbé Adolphe Julien Fouré, retiré à Rothéneuf après une attaque qui le laissa sourd et presque muet, sculpta pendant un quart de siècle (vers 1894-1919) plusieurs centaines de figures à même le granit du rivage : la saga imaginaire des Rothéneuf, lignée de corsaires et de monstres marins. L'embrun et le gel effacent lentement l'œuvre, ce qui rend la visite d'autant plus précieuse. Site privé, entrée payante, sentier en surplomb de la mer.

Entrée payante ; horaires selon la saison.

Cancale – pointe du Grouin

Malouinière de la Ville Bague

Cancale – pointe du Grouinposition estimée

À Saint-Coulomb, au cœur du Clos-Poulet, l'une des malouinières les plus complètes : logis de 1715, chapelle, colombier, jardins clos de murs — l'ensemble donne l'image exacte de ce que fut la campagne des armateurs, à une lieue de leurs comptoirs. Guerres et fortunes de mer s'y racontent en visite guidée, l'été, avec les meubles et souvenirs des familles qui s'y sont succédé. Vérifier jours et horaires de visite selon la saison.

Vallée de la Rance

Domaine du Montmarin

Vallée de la Ranceposition estimée

La seule malouinière bâtie sur la rive gauche de la Rance, à Pleurtuit : élevée au XVIIIe siècle pour un armateur qui y adjoignit chantier naval et cale sur l'estuaire. Ses jardins en terrasses descendent jusqu'à l'eau — classés « jardin remarquable », mêlant broderies à la française et jardin de senteurs. Le lieu résume l'extension de la carte : la Rance maritime fut la seconde façade de Saint-Malo, bordée de demeures et de cales. Ouvert à la visite en saison ; vérifier les horaires.

Moulin à marée du Prat (La Vicomté-sur-Rance)

Vallée de la Ranceposition estimée

La Rance maritime compta plus d'une dizaine de moulins à marée : une digue ferme une anse, la mer la remplit au flot, et l'eau relâchée au jusant fait tourner la roue — le même principe que l'usine marémotrice, avec cinq siècles d'avance. Celui du Prat, attesté dès le XVe siècle, a été sauvé et remis en état de marche par une association ; visites et démonstrations l'été. L'anse attenante, ses herbus et son sentier résument la Rance d'avant le barrage.

Visites et démonstrations l'été ; vérifier les dates.

Faut-il payer pour faire le tour des remparts de Saint-Malo ?

Non : le chemin de ronde est libre et ouvert en permanence. Comptez une bonne heure pour le tour complet — deux kilomètres de la porte Saint-Vincent au bastion de la Hollande — et choisissez si possible une pleine mer de grand coefficient : c'est de là-haut que le spectacle des vagues est le plus sûr et le plus beau.

Peut-on visiter le Fort National ?

Oui, en saison et à marée basse uniquement : le fort se rejoint à pied depuis la plage de l'Éventail quand la mer découvre le passage, drapeau hissé les jours d'ouverture. La visite guidée raconte Vauban et les corsaires. Attention au retour : la mer isole le rocher à marée montante — vérifiez les horaires du SHOM.

Qu'est-ce qu'une malouinière ?

La maison de campagne des armateurs malouins enrichis par la course et le commerce au long cours, bâtie aux XVIIe et XVIIIe siècles dans l'arrière-pays du Clos-Poulet et le long de la Rance. Sobres dehors, raffinées dedans, quelques-unes se visitent l'été — la Chipaudière et le Bos notamment.