La piscine de Bon-Secours : le bain qui ne dépend pas de la marée
Mis à jour le 30 juillet 2026

Sur une côte où la mer s’en va deux fois par jour à des centaines de mètres, les Malouins ont trouvé la parade dès les années 1930 : un bassin de granit posé sur la plage, que chaque pleine mer remplit et renouvelle avant de se retirer. La piscine de Bon-Secours est la réponse balnéaire au plus grand marnage d’Europe — et, avec son plongeoir à trois plateformes, l’un des lieux les plus photographiés de Saint-Malo.
Le génie du lieu : une marée apprivoisée
Le principe tient en une phrase : à chaque pleine mer, la mer passe par-dessus les margelles et laisse derrière elle un bassin plein. Pas de pompe, pas de filtration — la marée fait tout, deux fois par jour, depuis bientôt un siècle. Quand la basse mer a rendu la plage immense et poussé la mer à l’horizon, la piscine reste là, pleine et profonde, seule baignade sérieuse de ce côté des remparts. C’est le même geste que les écluses et les moulins à marée : ici, on ne subit pas le marnage, on s’en sert.
Le plongeoir, lui, est un monument à part entière : trois plateformes de béton d’où des générations de Malouins ont sauté — le rite de passage des étés de la côte, immortalisé sur mille photos avec le Grand Bé en toile de fond.
Le bain, mode d’emploi
À marée basse, la piscine joue son rôle titre : eau profonde, plongeoir en service, et la plage de Bon-Secours tout autour pour les serviettes. À la montante, le spectacle s’inverse : la mer revient, encercle le bassin, puis le submerge — on nage alors littéralement au-dessus de la piscine, sensation étrange et très malouine. Autour de la pleine mer, les margelles disparaissent : on s’en écarte dès que la houle travaille, et l’on retrouve le bassin au jusant, rempli de neuf.
Deux précisions d’usage : l’accès est libre, comme la plage ; et le bassin n’est pas surveillé en permanence — le fond, glissant d’algues près des marches, réclame un peu d’attention, et les enfants un œil constant. En saison, tenez compte des drapeaux du poste de secours de la plage ; en toute saison, l’heure de la marée se vérifie aux horaires officiels du SHOM.
Autour du bassin
Bon-Secours est un carrefour de marée : la chaussée du Grand Bé part de la même plage à marée basse, les remparts surplombent le bassin — le meilleur point de vue sur les plongeurs —, et le soleil se couche exactement dans l’axe, derrière les îlots. Le programme classique d’une fin de journée d’été tient en trois temps : bain à la piscine, tour du Grand Bé si la fenêtre de marée le permet, coucher de soleil depuis le chemin de ronde. La fiche du lieu et sa position exacte sont sur la carte interactive.
Écrit et tenu à jour par un Malouin passionné de sa côte. La petite histoire de ce guide


Consulter les horaires officiels sur maree.shom.fr ↗
La piscine de Bon-Secours est-elle accessible librement ?
Oui : le bassin est en accès libre, au pied des remparts, comme la plage qui l'entoure. Il n'est pas surveillé en permanence — on s'y baigne sous sa propre responsabilité, en gardant un œil sur les enfants, et l'on tient compte des drapeaux de la plage en saison.
Comment la piscine se remplit-elle ?
Par la marée elle-même : à chaque pleine mer, la mer passe par-dessus les margelles, renouvelle l'eau et se retire en laissant le bassin plein. C'est tout le génie du lieu — quand la mer est à plusieurs centaines de mètres à marée basse, la piscine, elle, garde son eau et sa profondeur.
Quel est le meilleur moment pour s'y baigner ?
La marée basse, précisément : c'est là que la piscine prend tout son sens, seule baignade en eau profonde quand la mer s'est retirée — et le plongeoir fonctionne à plein. Autour de la pleine mer, le bassin disparaît sous la mer montante : on nage alors « au-dessus » de la piscine, et l'on s'écarte des margelles si la houle travaille.