Les remparts de Saint-Malo : le tour complet, marée comprise
Mis à jour le 30 juillet 2026

Il y a des monuments qu’on visite et des monuments qu’on habite : les remparts de Saint-Malo sont du second genre. Libres, gratuits, ouverts jour et nuit, leurs deux kilomètres de chemin de ronde sont à la fois la promenade des Malouins, le belvédère des visiteurs et — c’est l’angle de ce site — le plus sûr et le plus beau poste d’observation de la marée sur toute la côte.
Deux kilomètres, deux villes
La boucle enserre la ville close et raconte deux mondes à la fois. Côté terre, les hautes façades de granit des hôtels d’armateurs, reconstruites à l’identique après 1944 — le chemin de ronde est le meilleur endroit pour comprendre ce tour de force. Côté mer, tout ce qui fait la baie : le Fort National posé sur le sable ou cerné d’eau selon l’heure, le Grand Bé et le Petit Bé, la piscine de Bon-Secours, Dinard en face, le môle des Noires et l’entrée du port. Les bastions rythment la marche — de la Hollande pour le grand angle sur la rade, la tour Bidouane à l’angle nord-ouest, l’esplanade du château pour finir.
Le sens du tour a son importance : au départ de la porte Saint-Vincent vers le château, la mer reste à main droite et le soleil dans le dos le matin ; le soir, on inverse pour marcher dans le couchant, la rade embrasée côté Dinard.
Le balcon des marées
Les remparts, agrandis au XVIIIe siècle par l’ingénieur Garangeau, n’ont jamais cessé de faire leur métier : tenir la mer. C’est ce qui en fait le poste de grande marée idéal — en hauteur et à l’abri, exactement ce que la sécurité exige. À pleine mer de grand coefficient, le flot vient chercher ses derniers centimètres contre les murailles et les îlots flottent, coupés du monde ; si la houle s’en mêle, les gerbes du Fort National et du môle se regardent d’ici sans essuyer un embrun. À marée basse, le même balcon domine un désert de sable où des silhouettes marchent vers les îlots.
Le créneau des connaisseurs : la demi-heure avant la pleine mer, quand le niveau finit de monter — et, les jours de tempête, le tour s’écourte sagement côté large, embruns obligent. L’heure de la pleine mer change chaque jour : consultez les horaires officiels du SHOM avant de caler votre boucle.
En pratique
Escaliers d’accès aux principales portes (Saint-Vincent, Saint-Thomas, Dinan…), boucle d’une bonne heure sans les pauses, poussettes possibles mais escaliers aux accès, prudence avec les enfants aux créneaux — les garde-corps sont ceux d’un monument, pas d’une aire de jeux. Le tour se combine naturellement avec le patrimoine d’Intra-Muros et, à marée basse, avec la traversée vers le Fort National ou le Grand Bé. Fiche, accès et position sur la carte interactive.
Écrit et tenu à jour par un Malouin passionné de sa côte. La petite histoire de ce guide



Consulter les horaires officiels sur maree.shom.fr ↗
Le tour des remparts est-il payant ?
Non : le chemin de ronde est libre, gratuit et ouvert en permanence, jour et nuit. Comptez une bonne heure pour la boucle complète — environ deux kilomètres —, davantage avec les pauses aux bastions. Les escaliers d'accès se trouvent aux principales portes, porte Saint-Vincent en tête.
Dans quel sens faire le tour, et à quelle heure ?
En partant de la porte Saint-Vincent vers le château, on garde la mer à main droite et le soleil dans le dos le matin ; l'inverse le soir, quand le couchant embrase la rade côté Dinard. Le meilleur créneau absolu : la demi-heure qui précède une pleine mer de grand coefficient — le flot cherche ses derniers centimètres contre les murailles.
Les remparts sont-ils d'origine ?
Pour l'essentiel, oui : agrandis au XVIIIe siècle sous la direction de l'ingénieur Garangeau, ils ont traversé les bombardements de 1944 qui ont détruit la ville close aux quatre cinquièmes. C'est depuis leur chemin de ronde qu'on mesure le miracle de la reconstruction à l'identique — et l'implacable logique maritime du site.