Histoire et palmarès de la Route du Rhum, de 1978 à 2022
Mis à jour le 23 octobre 2026

Depuis 1978, la Route du Rhum part de Saint-Malo tous les quatre ans pour la Guadeloupe. En douze éditions, la course a vu les bateaux passer de 11 à 32 mètres, et le temps de course passer de 23 jours à moins de 7. Elle a aussi construit sa légende sur quelques moments fondateurs, dont deux disparitions en mer. Voici le palmarès complet, et les éditions qui ont compté. La prochaine édition part le 1er novembre 2026.
Le palmarès complet
Classement général : le premier bateau arrivé à Pointe-à-Pitre, toutes classes confondues.
| Année | Vainqueur | Bateau | Temps de course |
|---|---|---|---|
| 1978 | Mike Birch | Olympus Photo | 23 j 6 h 59 min |
| 1982 | Marc Pajot | Elf Aquitaine | 18 j 1 h 38 min |
| 1986 | Philippe Poupon | Fleury Michon VIII | 14 j 15 h 57 min |
| 1990 | Florence Arthaud | Pierre 1er | 14 j 10 h 08 min |
| 1994 | Laurent Bourgnon | Primagaz | 14 j 6 h 28 min |
| 1998 | Laurent Bourgnon | Primagaz | 12 j 8 h 41 min |
| 2002 | Michel Desjoyeaux | Géant | 13 j 7 h 53 min |
| 2006 | Lionel Lemonchois | Gitana 11 | 7 j 17 h 19 min |
| 2010 | Franck Cammas | Groupama 3 | 9 j 3 h 14 min |
| 2014 | Loïck Peyron | Banque Populaire VII | 7 j 15 h 08 min |
| 2018 | Francis Joyon | IDEC Sport | 7 j 14 h 21 min |
| 2022 | Charles Caudrelier | Maxi Edmond de Rothschild | 6 j 19 h 47 min |
Les temps proviennent de l’encyclopédie Wikipédia, recoupés avec l’organisation pour le record de 2022. Laurent Bourgnon reste le seul double vainqueur au général. Tous les vainqueurs ont couru sur un multicoque.
1978 : 98 secondes et un naufrage
La course naît d’un désaccord. La transat anglaise en solitaire venait de limiter la taille des bateaux ; la Route du Rhum, lancée par Michel Etevenon, n’impose aucune limite. Dès la première édition, le résultat dépasse le scénario. Le Canadien Mike Birch, sur un trimaran de 11 mètres, coiffe le grand monocoque Kriter V de Michel Malinovsky après plus de 23 jours de mer. L’écart est de 98 secondes. Personne ne l’a battu depuis.
La même édition donne à la course sa part tragique : Alain Colas disparaît au large des Açores avec son trimaran Manureva, mi-novembre 1978. On ne l’a jamais retrouvé.
1986 : la disparition de Loïc Caradec
Huit ans plus tard, la course perd un autre marin. Loïc Caradec disparaît avec son grand catamaran Royale. C’est Florence Arthaud qui retrouve le bateau vide. En 2026, son fils Tanguy Caradec est au départ, en classe Vintage monocoques (la flotte 2026).
1990 : Florence Arthaud, seule femme victorieuse
Sur le trimaran Pierre 1er, Florence Arthaud remporte la course en un peu plus de 14 jours. Trente-six ans plus tard, elle reste la seule femme à s’être imposée au classement général. L’édition 2026 compte onze femmes au départ.
2002 : Ellen MacArthur et l’hécatombe des trimarans
L’édition 2002 se court dans une météo très dure : la plupart des trimarans ORMA abandonnent. Michel Desjoyeaux l’emporte, et la Britannique Ellen MacArthur termine deuxième au général sur le monocoque Kingfisher, première de sa catégorie. Un monocoque sur le podium du général, c’est rare dans cette course : le précédent remontait à Kriter V, en 1978.
2006 à 2014 : l’ère des géants
Avec les grands trimarans, les temps s’effondrent. Lionel Lemonchois passe sous la barre des huit jours en 2006. Franck Cammas gagne en 2010 sur Groupama 3. En 2014, Loïck Peyron remplace au pied levé Armel Le Cléac’h, blessé, à la barre de Banque Populaire VII, et il gagne. Il s’agit du même trimaran, rebaptisé : il gagnera encore en 2018 sous le nom d’IDEC Sport. En 2026, c’est Alexia Barrier qui le mène, première femme engagée en classe Ultim.
2018 : sept minutes après sept jours
Le duel le plus serré de l’ère moderne. Francis Joyon, 62 ans, sur IDEC Sport, coupe la ligne 7 minutes et 8 secondes devant François Gabart, après plus de sept jours de course. Joyon revient en 2026, en classe Vintage multicoques.
2022 : sous les sept jours
Charles Caudrelier établit le record de l’épreuve : 6 jours 19 heures 47 minutes. Le départ avait été décalé de trois jours à cause de la météo, une première dans l’histoire de la course. L’édition a aussi été endeuillée : deux membres de l’organisation, Alex Picot et François Naveilhan, sont morts dans un accident à l’arrivée. Sur 138 bateaux partis, 103 ont rallié Pointe-à-Pitre.
Saint-Malo, port de départ
Depuis 1978, c’est toujours Saint-Malo. La course correspond bien à la ville, qui a longtemps vécu du grand large : les corsaires, la grande pêche à Terre-Neuve, le commerce avec les îles. Les remparts qui dominent le village de course sont ceux qu’arpentaient les armateurs ; l’histoire est racontée sur notre page Saint-Malo, la cité corsaire.
Écrit et tenu à jour par un Malouin passionné de sa côte. La petite histoire de ce guide


Questions fréquentes
Qui a gagné la première Route du Rhum ?
Le Canadien Mike Birch, en 1978, sur Olympus Photo, un petit trimaran de 11 mètres. Il a devancé le monocoque Kriter V de Michel Malinovsky de 98 secondes, après plus de 23 jours de course. C'est le plus petit écart de l'histoire de l'épreuve.
Quel est le record de la Route du Rhum ?
6 jours 19 heures 47 minutes et 25 secondes, établi par Charles Caudrelier sur le Maxi Edmond de Rothschild en 2022. C'est la première fois que la course était bouclée en moins de sept jours.
Une femme a-t-elle déjà gagné la Route du Rhum ?
Oui : Florence Arthaud en 1990, sur le trimaran Pierre 1er. Elle reste la seule femme à avoir remporté le classement général. En 2002, Ellen MacArthur a terminé deuxième au général et première des monocoques.
Pourquoi la course s'appelle-t-elle la Route du Rhum ?
Parce qu'elle relie la Bretagne aux Antilles en suivant l'ancienne route commerciale du rhum, produit phare de la Guadeloupe, où se situe l'arrivée. Depuis plusieurs éditions, son nom officiel est la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.